La lutte contre les violences faites aux femmes : une priorité forte sur le territoire

 
 
La lutte contre les violences faites aux femmes : une priorité forte sur le territoire

Les actions de sensibilisation et de lutte contre les violences faites aux femmes et les dispositifs de mise à l’abri des femmes victimes de violence ne peuvent fonctionner que si les familles refusent les violences intrafamiliales en les dénonçant par des dépôts de plainte.

Le 3 septembre prochain, le Gouvernement organise un Grenelle consacré à la lutte contre les violences conjugales, pour « construire des mesures encore plus efficaces, au plus près du terrain » et venir en aide aux victimes.

Des chiffres inquiétants

En Guadeloupe, en 2018, 1140 femmes ont été victimes de violence physique et 71 de viols, dont 44 sur des mineures, soit 29,4% de plus qu'en 2017.

71 faits de harcèlement sexuel ou d’agression sexuelle, dont 49 sur des mineures ont été signalés sur l'année soit une augmentation de 36,1%.

Depuis le début de l’année 2019, le nombre de violences faites aux femmes déclaré aux services de police et de gendarmerie a augmenté de 5,4%  :

   > 244 faits de menaces ou chantages (+35,6%) ;

   > 571 faits de violence physique contre des femmes (-2,9% par rapport aux six premiers mois de 2018)

   > 32 viols, dont 15 sur des mineures,

   > 23 agressions ou harcèlement sexuel, dont 13 sur des mineures.

Des faits déclarés qui ne montrent pas l’étendue de la réalité des violences faites aux femmes : ils augmentent parce que les femmes portent plus souvent plainte. Pour autant, ils ont souvent cours dans la sphère intrafamiliale, et sont rarement déclarés ou dénoncés aux services de police et de gendarmerie.

Le réseau d'aide et de soutien

Vous êtes victimes de violences, contactez le 39 19 ligne d’écoute anonyme et gratuite de Solidarité Femmes ou sur le portail de signalement : http://www.stop-violences-femmes.gouv.fr/

En Guadeloupe

> L'association Initiatives France Victimes Guadeloupe vous répond au 0 800 39 19 19 les lundi, mardi et jeudi, de 8h à 16h30, le mercredi de 8h à 15h et le vendredi de 8h à 12h.

> L'association Guadav appel gratuit et confidentiel au 0590 84 22 86 et sur internet : https://www.guadav.fr/

> Le Centre d'information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF) assure également une permanence téléphonique, du lundi au vendredi, de 8h à 16h au 05 90 82 52 92

L'observatoire féminin met à disposition une carte interactive des lieux d'aide aux femmes victimes de violences en Guadeloupe : http://observatoirefeminin.fr/Carte-lieux-daide-violences-femmes-Guadeloupe/

Contact de l'observatoire : Villa LYCAON - Impasse Loulou MATIMA - BAZIN -97139 Les Abymes - 0590 68 85 30 et observatoirefeminin@yahoo.fr

Les violences faites aux femmes

 Les violences envers les femmes s’exercent dans la sphère familiale, au sein du couple, mais aussi dans l’espace public ou dans l’environnement professionnel. Encore aujourd’hui, la violence contre les femmes est perçue comme une affaire privée, alors que les faits sont pénalement répréhensibles. Elle touche tous les milieux et tous les âges, ces violences peuvent prendre différentes formes :

   > psychologiques (harcèlement moral, insultes, menaces);

   > physiques (coups et blessures);

   > sexuelles( viol, attouchements; il est à préciser qu’il peut y avoir viol même en cas de mariage ou de Pacs);

   > ou économiques (privation de ressources financières et maintien dans la dépendance.

   >  mariages forcés (mais pratique non localement identifiée).

Ces violences conjugales ont un impact important sur la cellule familiale et notamment les enfants pouvant assister à ces scènes qui sont  traumatisantes pour des jeunes voire moins jeunes enfants.

Une priorité forte sur le territoire

La direction régionale aux droits des femmes et à l'égalité entre les femmes et les hommes (0590 99 26 11) met en œuvre les priorités nationales en veillant à tenir compte des réalités locales.

Des structures sont financées et peuvent mobiliser des crédits d’autres dispositifs tels que le Fonds interministériel de prévention contre la délinquance.

Parmi ces structures on peut citer :

                - Le dispositif d'accueil de jour pour les femmes victimes de violences ;

                - Le financement du Centre d'information sur les droits des femmes et de la famille

 Différentes actions sont menées en lien avec les partenaires, souvent dans le cadre des CLSPD ou COPIL :

   > déploiement de la carte interactive avec l 'Observatoire Féminin afin d'identifier les différents partenaires et professionnels.

   > accompagnement au fonctionnement et financement des Centres d’Hébergement et de Réinsertion Sociale (CHRS) par la Direction régionale de la jeunesse des sports et de la cohésion sociale.

   > accompagnement d'urgence en logement avec le dispositif Droit Au Logement Opposable (DALO);

  - Le travail d'accompagnement des associations d’aide aux victimes agréées par le ministère de la Justice et de l’AVIJ, qui assure des permanences d’intervenants sociaux sur le territoire (Guadav, Initiative France Victimes ).

 Un fort engagement des associations est constaté sur le territoire.

Sensibiliser les partenaires et inciter les femmes à déposer plainte 

Des actions de sensibilisation se poursuivent, notamment en direction des élus locaux. Elles ont pour objectif une mise en commun de moyens pour agir de manière plus efficace.

Cela va de la simple communication et du partage d’informations devant alerter, à l’activation en réseau de prise en charge ; ce réseau peut prendre de multiples formes :

   > suivi du parcours de la personne victime,

   > recherche de logements adéquats.

Le caractère insulaire est pris en compte ; c’est une donnée importante quand l’éloignement hors du département n’est pas envisagé.